LA FORÊT
Personnages : Harold (21ans) et Maude (78 ans)
La lumière du soleil passe à travers les feuilles, Harold et Maude achèvent de planter le petit arbre. Maude tasse la terre du tronc et se redresse.
Maude : Voilà. Il sera très heureux ici.
Harold : C’est de la bonne terre.
Maude : J’aime le contact, et son odeur. Pas vous ?
Harold : Je ne sais pas.
Maude : Quelle merveille, toute cette vie autour de nous ! Rien que des êtres vivants. […]
Maude : Adieu, petit arbre. Pousse, verdis et meurs pour nourrir la terre. Venez, je veux vous montrer quelque chose. (Ils s’avancent et s’arrêtent auprès d’un grand arbre). Qu’est-ce que vous en dites de cet arbre ?
Harold : Il est grand.
Maude : Attendez d’être en haut
Harold : Vous n’allez pas grimper ?
Maude : Et pourquoi non ? Je le fais à chaque fois que je viens ici. Venez. C’est un arbre sans difficulté. (Elle commence à grimper)
Harold : Et si vous tombez ?
Maude : Spéculation hautement improbable, de toute façon stérile. (Elle regarde d’en haut). Vous venez ou je vous décris le panorama ?
Harold (avec un soupir) : D’accord, d’accord. Je viens.
Il commence son escalade.
Maude : Pas mal. Il ya de l’idée. Vous ne le regretterez pas. Du sommet, la vue est magnifique.
Harold : J’espère.
Maude atteint le sommet et s’installe sur une grande branche.
Maude : Sublime. Regardez, là il y a un escalier tout juste fait pour vous. Allons, un petit effort. (Harold à son tour parvient au sommet et s’assied auprès de Maude en s’agrippant fermement au tronc).
Maude : Vivifiant, non ?
Harold : Oui, c’est… haut ! […]
Harold (qui commence à se détendre) : La plupart des gens ne vous ressemblent pas. Ils vivent tous seuls, dans leur château. Comme moi.
Maude : château, roulotte, chaumière. Chacun vit enfermé. Mais on peut ouvrir les fenêtres, baisser le pont-levis, partir en visite, découvrir les autres, s’arrêter, voler ! Ah ! C’est si bon de sauter le mur et de dormir à la belle étoile ! […]
Colin Higgins, Harold et Maude.
1) De quel type de texte est-il question ?
2) Donnez trois raisons qui permettent au lecteur de l’identifier.
3) Quel est le temps qui domine ? Justifiez son emploi.
4) « il sera très heureux ici » : comment peut-on identifier à qui et à quoi renvoient « il » et « ici » ?
5) A quel mode les verbes suivants sont-ils conjugués : « Pousse, verdis et meurs… » ?
6) Comment Maude considère-t-elle l’arbre en s’adressant ainsi à lui ?
7) Réécrivez la réplique suivante au discours indirect : « venez, je veux vous montrer quelque chose. »
8) Quel est le sens du terme « vivifiant » ? Trouvez deux mots de la même famille.
9) Que veut dire l’adjectif « stérile » ? Quel rapport entretient-il avec le mot « vivifiant » ?
10) Réécrivez le passage suivant à la 2ème personne du singulier : « regardez, là il y a un escalier tout juste fait pour vous. Vous pouvez l’utiliser »
11) Quelles remarques pouvez-vous faire sur le comportement de Maude en pensant à son âge ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte.
1) Il s’agit d’une pièce de théâtre. (1)
2) (1.5)
Personnages : dialogue.
Indication scéniques.
Narration et dialogue.
3) Le temps qui domine est le présent de l’indicatif. Présent de l’énonciation : dialogue. (2)
4) « il sera très heureux ici » : Il = L’arbre. Ici = Le lieu où ils se trouvent. On les identifie grâce à la scène de théâtre. (3)
5) « Pousse, verdis et meurs… » Les verbes sont conjugués au mode de l’impératif. (1)
6) Maude considère l’arbre en s’adressant ainsi à lui en le personnifiant. (1.5)
7) Maude dit à Harold de venir car elle voulait lui montrer quelque chose. (3)
8) « vivifiant » = Donner la vie. (1)
Deux mots de la même famille : Vie, Vivant, Vivent. (1)
9) « stérile » = Incapable de donner la vie. (0.5)
Le rapport avec le mot « vivifiant », ils s’y opposent. (0.5)
10) « Regarde, là il y a un escalier tout juste fait pour toi, tu peux l’utiliser. » (2)
11) Maude est une personne qui aime la vie, son esprit jeune ne reflète pas son âge 78 ans : c’est une femme forte, audacieuse, téméraire, sociable qui rappelle la jeunesse. (2)




