La plupart des parents aiment leurs enfants et leur veulent du bien. Certains d’entre- eux estiment que
« discipliner » un enfant fait partie d’une bonne éducation.
Les mots que les enfants utilisent pour parler de cette « discipline » sont pourtant différents et montrent clairement que même de « bons » parents peuvent avoir recours à la violence : claques, gifles, coups, coups de bâton ou autre instrument, brûlures, humiliations, enfermement dans un espace confiné, exposition aux intempéries, insultes, vexations … Tous ces actes, enregistrés dans les statistiques, ne sauraient être considérés comme « acceptables » par des parents qui veulent donner à leurs enfants le meilleur départ dans la vie et leur apprendre ce qui est bien et ce qui est mal. Cette violence quotidienne, qui ponctue la vie d’un enfant, sape sa santé et son développement. Elle « fait mal » physiquement, mais aussi « à l’intérieur », comme disent parfois les enfants, et ce d’autant plus que les adultes semblent souvent accepter cette violence quand ils ne l’approuvent pas, comme si elle faisait partie de la vie « normale » d’un enfant.
Les parents qui battent leur enfant affirment par exemple que « ça ne peut pas faire de mal » : après tout, disent-ils, eux-mêmes ont été battus et ont survécu …
Toutes les formes de violence contre les enfants devraient être interdites par la loi, y compris la violence au foyer que l’on veut faire passer pour de la « discipline ». Il ne s’agit pas de mettre derrière les barreaux les parents qui donnent une claque à leur enfant. Le rôle de la loi n’est pas seulement de fournir un cadre répressif. C’est aussi d’affirmer clairement, par la société dans son ensemble, certains principes. En l’occurrence, la loi doit dire qu’il n’est pas plus acceptable de frapper un enfant que de frapper toute autre personne.
Certains affirment que le législateur ne devrait pas s’immiscer dans le foyer familial, au nom de la vie privée protégée par le droit international. Mais le droit des enfants à la protection est également inscrit dans les traités, et il n’y a pas de raison qu’il cesse de s’impliquer au-delà du seuil du domicile familial.
De nombreux pays ont adopté des lois interdisant la violence domestique. Des communautés dans le monde entier ont montré qu’elles n’étaient pas disposées à accepter qu’un conjoint ait recours à la violence physique ou psychologique contre l’autre. Dans plusieurs pays, des lois protègent les animaux domestiques contre les mauvais traitements. Comment, dès lors, peut-on tolérer qu’un membre de la famille fasse du mal au plus jeune de ses membres au nom de la discipline ?
Il n’y a pas de « bons » châtiments corporels, ceux qui ne laissent pas de marques physiques, par exemple. C’est ce qu’a reconnu l’Assemblée générale des Nations unies en 2005 lorsqu’elle a voté à une grande majorité l’interdiction de tout châtiment corporel à l’école et dans les lieux de détention.
Pourquoi l’enfant devrait-il jouir de moins de protection à la maison ?
Paulo Sergio PINHEIRO (expert pour le secrétaire général de l’ONU
sur La violence contre les enfants), Article publié dans Libération le 13 septembre 2006
- Le thème abordé dans ce texte est :
- La violence conjugale.
- La violence contre les enfants.
- La violence conte les animaux domestiques.
Recopiez la bonne réponse.
- Relevez du texte (03) mots relatifs au champ lexical de :
- Violence physique : …….. ; …. ; ……
- Violence morale : ….. ; …. ; ……
- « ….sape sa santé » Le mot souligné veut dire :
- détruit.
- développe.
- fortifie.
Choisissez la bonne réponse.
- Quelle est la position de l’auteur vis-à-vis du problème posé ?
- Relevez du texte une phrase qui justifie votre réponse.
- Classez les expressions suivantes données dans le désordre :
les actes de violence sont inacceptables / apprendre à l’enfant à distinguer entre le bien et le mal / porte atteinte à la santé physique et morale de l’enfant / l’enfant doit être protégé par la loi / l’homme de loi ne doit pas se mêler de la vie familiale / l’enfant devrait bénéficier de plus de protection.
- Avis de l’auteur : .... ... ..
- Avis des parents et d’autrui : .... .... ..
- « Pourquoi l’enfant devrait-il jouir de moins de protection à la maison ? ». L’auteur veut dire que :
- L’enfant ne devrait pas bénéficier d’une protection.
- L’enfant devrait bénéficier d’une protection.
- L’enfant devrait bénéficier de plus de protection.
Recopiez la bonne réponse.
- A quel termes renvoient les pronoms soulignés ?
« … et leur apprendre ce qui est bien et ce qui est mal. » (2 §)
« disent–ils, eux–mêmes ont été battus. » (2 §)
- L’auteur s’implique nettement dans ce texte.
Relevez dans le texte quatre (04) marques de subjectivité de différents types.
- Quelle est la visée communicative du texte ?
- Proposez un titre au texte puis justifiez votre choix.
Traitez l’un des deux sujets au choix :
Sujet 1
Pour célébrer la journée de l’enfant, le 1e Juin, vous organisez avec vos camarades une campagne
de sensibilisation pour la protection de l’enfant. Ce texte vous a plu, vous décidez d’en faire le compte rendu objectif afin de le faire connaître à vos camarades.
Sujet 2
Vous êtes lycéen vous avez été témoin de plusieurs actes de violence dans votre établissement .
Vous condamnez ce phénomène et vous voulez le dénoncer .
Pour témoigner et conseiller à vos camarades de ne plus recourir à la violence ,vous rédigez un texte d’ une quinzaine de lignes à distribuer autour de vous.
- Le thème abordé dans ce texte est la violence contre les enfants. 1 pt
- Le champ lexical :
- Violence physique : claques; gifles; coups de bâton
- Violence morale : humiliations ; insultes ; vexations 1.5
- « ….sape » veut dire détruit. 0.5
- L’auteur est contre le problème posé. 1 pt
=> Justification : toutes les formes de violence contre les enfants devraient être interdites par la loi. Cette violence quotidienne sape sa santé.1 pt
- Classement des expressions :
- Avis de l’auteur : porte atteinte à la santé physique et morale de l’enfant / l’enfant doit être protégé par la loi / l’enfant devrait bénéficier de plus de protection.
- Avis des parents et d’autrui : les actes de violence sont inacceptables / apprendre à l’enfant à distinguer entre le bien et le mal / l’homme de loi ne doit pas se mêler de la vie familiale 1.5
- « Pourquoi l’enfant devrait-il jouir de moins de protection à la maison ? » L’auteur veut dire que « l’enfant devrait bénéficier de plus de protection. » 1 pt
- Le pronom « leur » renvoie aux enfants.
Le pronom « eux » renvoie aux parents. 2 pts
- Les marques de subjectivité de différents types :
- Les verbes : de sentiment (aiment) - d’opinion (estiment que, affirment que) modaux (peuvent, devrait, doit)
- Les évaluatifs : mélioratifs (bonne le meilleur grande) et péjoratifs (la violence, sape)
- Le conditionnel : « ne sauraient être considérés, devraient être interdites »
- Les guillemets : « à l’intérieur »
- La forme impersonnelle : « il n’est pas plus acceptable. »
- Phrase interrogative : « comment, dès lors, peut-on tolérer qu’un membre de la famille fasse du mal au plus jeune de ses membres au nom de la discipline ? » 2 pts
- La visée communicative du texte est argumentative : dénoncer la violence exercée par les parents contre leurs chérubins. 1 pt
- Un titre au texte : halte à la violence contre les enfants.
=> Justification : car le titre en adéquation avec le thème du texte : on retrouve « enfant » « violence » 1.5 pts
Depuis deux décennies, la violence des jeunes dans les établissements scolaires est devenue une question de société. Mais, les causes de ces actes divergent d'un milieu à l'autre, ce qui obsède incessamment l'esprit des personnes qui veillent sur le domaine éducatif, les incitant ainsi à rechercher des solutions susceptibles d'éradiquer ce fléau. Pour pouvoir résoudre ce problème, nous devons nous interroger sur ses causes.
D'abord dans la société nous constatons la démission des parents dans l’éducation des enfants. En effet les parents préoccupés par les problèmes du quotidien renoncent à l’éducation et à l’accompagnement de leurs enfants .Cette situation favorise les comportements violents et contribue à l’augmentation de la délinquance juvénile.
Ensuite, nous remarquons que la violence ne se limite pas aux élèves eux-mêmes, mais elle arrive aussi à impliquer le corps éducatif, surtout les enseignants. En effet, l'absence de communication entre les professeurs et les élèves peut entraîner une certaine incompréhension qui aboutira à des paroles ou des gestes grossiers.
En outre, l’absence ou le non fonctionnement des structures adéquates pour favoriser la concertation et le dialogue amène souvent les élèves à trouver d’autres voies pour se faire entendre.
Enfin, la surcharge des classes favorise et engendre la violence étant donné que les conditions difficiles dans lesquelles étudient les élèves ne permettent guère de créer une ambiance harmonieuse si bien que l’intolérance, l’incivilité et l’incompréhension règnent en maître. D'ailleurs, certains adolescents exploitent cette surcharge croissante pour s'affranchir de toutes les règles de discipline et affirmer ainsi leur autorité.
Par conséquent, les responsables administratifs et pédagogiques sont appelés à instaurer la stabilité et la sécurité dans les institutions puisque la violence en menace l’équilibre. En d'autres termes, il s'avère indispensable de combattre avec détermination les actes qui se produisent dans les écoles : le bien-être de la majorité des élèves devrait l'emporter sur celui de l'élève délinquant. Il faudrait tout mettre en œuvre pour aider les élèves indisciplinés par un accompagnement spécialisé et leur donner une seconde chance.
En définitive, il est primordial d’inculquer à l’élève la notion de civilité, de tolérance et surtout instaurer un climat de confiance par le dialogue car comme dit le dicton « il vaut mieux guérir que prévenir »




