L’euthanasie
Cela fait un quart de siècle que médecins, malades et surtout bien-portants parlent d’euthanasie. Celle-ci consiste à ne pas prolonger des soins devenus inutiles, à « débrancher » un malade qui, sans le secours de machines, ne peut vivre ou à administrer un produit qui abrège la vie. Cette situation a conduit à une très grande polémique. Les médecins vont-ils conserver leur mission de soin et de sauvegarde de la vie et de la dignité humaine ou vont-ils jouer un rôle bien différent et briser le serment d’Hippocrate ?
Pour certains, l’euthanasie est avant tout un acte d’humanité. Grâce à elle, on atténue et on contrôle les signes de souffrance ou d’angoisse et ce, même à l’aide de produits qui pourraient abréger de quelques heures la vie mais qui lèvent la peur et la douleur. En France, où certains partisans d’une loi autorisant l’euthanasie sur demande express des malades, nombre de médecins reconnaissent la pratiquer dans certains cas. Par ailleurs, les députés hollandais en légalisant cette pratique ont accepté que les médecins agissent sans le consentement des malades, si ces derniers sont dans le coma ou handicapés mentaux.
En somme, l’euthanasie est souvent le dernier service à rendre à un être humain.
Cependant, beaucoup de gens et notamment les praticiens s’élèvent contre l’euthanasie.
En effet, ils conçoivent cet acte comme un crime, pour eux, la société demande aux médecins de devenir des tueurs. Un cancérologue témoigne en disant : « Demander aux médecins de mettre fin aux souffrances d’un être, c’est lui demander en fait un acte contre sa nature, sa vocation et sa justification d’être humain. Il n’est pas là pour ça, mais le plus grand danger pour une société qui légalise l’euthanasie, médicale ou non, est de perdre son âme. Elle ne serait pas comme certains l’imaginent une victoire de la raison sur la tradition, un progrès libérateur mais une régression profonde. »
Quoi qu’il en soit, les bien-portants sont les plus mal placés pour discourir de la maladie. Ils ne savent rien de ce que la maladie et la peur impliquent même chez leurs parents les plus proches. Le médecin ne peut considérer leurs manifestations que comme des gesticulations et rester d’abord à l’écoute de ses malades et surtout de sa conscience.
D’après Dr Marina CARRER D’ENCAUSSE
Santé Magazine, Avril 1993
- Quel est le problème soulevé dans le texte ?
- Que vise cette pratique médicale ?
- Relevez du texte les différentes méthodes utilisées dans la pratique d’euthanasie.
- L’auteur cite deux pays où l’euthanasie est pratiquée différemment. En quoi consiste cette différence?
- Relevez du texte trois expressions qui désignent les raisons avancées par les opposants à l’euthanasie.
- Relevez du texte une phrase qui exprime le point de vue de l’auteur.
- Complétez le passage ci-dessous par les termes et expressions suivants :
les opposants / un acte criminel / des traitements / les partisans.
Pour l’auteur, ............... de l’euthanasie demandent aux médecins d’arrêter…………… devenus inutiles alors que …………… voient que c’est …………… .
- « Le médecin doit rester à l’écoute de ses malades et surtout de sa conscience »
Réécrivez la phrase ci-dessus en la commençant ainsi :
« Les médecins ……………… .»
Sujet : Les personnes âgées sont devenues un fardeau pour leurs enfants au point de les abandonner dans des maisons de retraite.
Que pensez-vous de cette attitude ? Donnez votre point de vue en argumentant.
- Le problème soulevé dans le texte :
L’euthanasie et la polémique autour de cette pratique.
Ou
Pour ou contre l’euthanasie. (1.5 pts)
- Cette pratique médicale vise à : abréger les souffrances Ou abréger la vie d’un malade condamné (dans le coma / handicapés mentaux). (1pt)
- Les différentes méthodes utilisées dans la pratique d’euthanasie :
- ne pas prolonger les soins devenus inutiles.
- débrancher un malade d’une machine.
- administrer un produit qui abrège la vie. (1.5 pt)
- Cette différence consiste en :
France : demande express du malade.
Hollande : légaliser par les députés pour les malades mentaux et ceux dans le coma). (2 pts)
- Les trois expressions qui désignent les raisons avancées par les opposants :
- devenir tueur.
- un acte contre sa nature, sa vocation.
- régression profonde. (1.5 pts)
- La phrase qui exprime le point de vue de l’auteur :
« Le médecin ne peut considérer leurs manifestations que comme des gesticulations et rester d’abord à l’écoute de ses malades et surtout de sa conscience. » (1 pt)
- Le passage à compléter :
Pour l’auteur, les partisans de l’euthanasie demandent aux médecins d’arrêter des traitements devenus inutiles ; alors que les opposants voient que c’est un acte criminel. (2 pts)
- « Les médecins doivent rester à l’écoute de leurs malades et surtout de leur conscience. » (1.5 pts)
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Compréhension du sujet : 2 pts. Cohérence des idées : 2 pts. Pertinence des idées : 2 pts. Correction syntaxique : 1pt. Orthographe, ponctuation : 1pt. |
A titre d'exemple :
Les personnes âgées sont devenues un fardeau pour leurs enfants au point d'étre abandonnées dans des maisons de retraite. Mais est-ce bien raisonnable ? Evidemment que non, pour moult raisons.
D’abord, l’homme qui abandonne ses parents n’est pas digne de ce nom. Ces derniers lui ont donné la vie, l’ont élevé, lui ont donné tout le nécessaire pour qu’il devienne un homme. Alors comment peut-il les remercier de cette façon ?
De plus, cet acte détruit la famille. Les petits enfants manqueront de grand parent, la cellule familiale se décompose, et l’explication est loin d’être logique.
Enfin, les enfants reproduiront le même schéma avec leur parent. C’est l’exemple qu’ils leur donneront. Hélas ! C’est malheureux.
Etre parent c’est un beau cadeau, avoir un enfant aussi. Alors faisons en sorte que la seule chose qui puisse séparer ces êtres de la même famille, c’est le départ pour l’au-delà dans la dignité, et non pour s’en débarrasser comme un vulgaire objet.




