Le travail manuel a une « mauvaise image ». Les jeunes le rejettent. Ne parvenant plus à renouveler leurs effectifs, des chefs d’entreprise ont jugé utile de lancer en direction du public des messages publicitaires pour améliorer cette image : affiches, spots à la télévision, brochures, petits films.
Mais d’où vient cette mauvaise image et de quoi tient elle sa force ? (…..)
Jamais sans doute l’image des métiers ouvriers n’a été bonne ; mais les jeunes générations, d’autrefois s’y engouffraient tout de même poussées par la nécessité, l’absence de réelles possibilités de choix, la résignation (….) Dés que cela a été possible l’immense majorité de ces hommes ont voulu une autre vie pour leurs enfants et les ont poussés de toutes leurs forces vers la réussite scolaire.
C’est peut-être pour cette raison que l’école est perçue comme un moyen pour fuir le travail manuel, justifiant ainsi l’absence de celui-ci des perspectives d’avenir qu’elle propose (….) Mais l’école est loin d’être seule en cause dans le discrédit dont souffre le travail manuel.
La télévision est plus ravageuse encore ; montrant à longueur d’année un monde prospère et confortable, ne faisant quasiment aucune place aux réalités ouvrières et entretenant ainsi chez les jeunes une sorte de rêve éveillé, une méconnaissance et un rejet de la réalité.
Mais force est de noter que de tout temps les chefs d’entreprises ont joué un rôle certain dans le regard porté par la société sur le travail manuel ; à travers la façon dont ils traitaient leurs ouvriers, comparativement à leurs employés et cadres.
Tout cela conjugué fait que pour un jeune – en particulier dans les zones d’immigration – être ouvrier signifie, presque avec violence, être exclu. Et mieux vaut être chômeur que s’y résigner car c’est garder l’espoir de ne pas être définitivement relégué dans les soutes de la société.
M.C. BETBEDER, Le Monde , 08/12/1993
QUESTIONS :
Compréhension / analyse :
- a) Quel est le thème abordé dans ce texte ?
b) Relevez du texte la phrase qui montre le problème posé.
- Voici une série d’arguments qui expliquent cette mauvaise image des métiers ouvriers (paragraphes 3, 4, 5 ,6) :
- Traitement des ouvriers par leurs chefs d’entreprise, comparativement à leurs employés et cadres.
- Entretien chez les jeunes d’une sorte de rêve éveillé, une méconnaissance et un rejet de la réalité
- Moyen pour fuir le travail manuel, justifiant l’absence de celui-ci des perspectives d’avenir.
Classez ces arguments dans le tableau suivant :

- « Des chefs d’entreprise ont jugé utile »
Dans cette phrase « juger » veut dire estimer ? calculer? relativiser? choisissez la bonne réponse.
- Complétez l’énoncé par les articulateurs suivants : Mais, or, puisque, donc.
« Les jeunes générations d’autrefois apprenaient les métiers d’ouvriers …………elles étaient poussées par la nécessité …………………..l’immense majorité des hommes préfèrent la réussite scolaire…………….aujourd’hui, être ouvrier signifie chômeur……………..être ouvrier c’est être aussi exclu de la société ».
- La phrase soulignée dans le texte veut dire :
- Il vaut mieux, accepter, d’être chômeur que d’être dévalorisé par la société.
- ll vaut mieux se soumettre à la société que d’être un chômeur.
Recopiez la bonne réponse
- « Les jeunes le rejettent » Cette phrase signifie que :
- Les jeunes acceptent le travail manuel.
- Les jeunes redoutent le travail manuel.
- Les jeunes n’acceptent pas le travail manuel.
Choisissez la bonne réponse.
- « ne parviennent pas à renouveler leurs effectifs » (1er paragraphe)
« …et de qui tient elle sa force ? (2eme paragraphe)
A qui renvoient les pronoms soulignés ?
- « La télévision est plus ravageuse encore : montrant à longueur d’année un monde prospère et confortable ».
Dans cette phrase les deux points introduisent :
- une illustration ?
- une définition ?
- une justification ?
- une énumération ?
Choisissez la bonne réponse.
- «Jamais sans doute l’image des métiers ouvriers n’a été bonne mais les jeunes générations d’autrefois s’y engouffraient tout de même ».
Recopiez cette phrase en exprimant la concession d’une autre manière.
- Selon l’auteur :
- Les chefs d’entreprises traitaient les ouvriers mieux que les cadres.
- Les chefs d’entreprises ne faisaient aucune différence entre les cadres et les ouvriers.
- Les chefs d’entreprises traitaient les cadres mieux que les ouvriers.
Choisissez la bonne réponse.
- L’auteur a écrit ce texte dans le but de :
- Expliquer pourquoi le travail manuel est dévalorisé par la société
- Expliquer pourquoi les jeunes d’aujourd’hui refusent de travailler.
Recopier la bonne réponse.
Production écrite :
Traitez un des deux sujets au choix :
- Vous voulez apporter votre contribution à la rédaction du journal de votre lycée. Ce texte vous a plu et vous voulez le faire connaître à vos camarades. Rédigez son compte rendu objectif (critique pour les littéraires) que vous ferez paraître dans le journal de votre établissement.
- Notre société est confronté au problème du chômage. Rédigez un texte d’une quinzaine de lignes dans lequel vous donnez les causes et les conséquences du chômage en Algérie.
- Le problème abordé dans ce texte est le travail manuel.
La phrase du texte qui montre le problème posé est : « Mais d’où vient cette mauvaise image et de quoi tient elle sa force ?
2.

3. Dans cette phrase le verbe « jugers » veut dire estimer.
4. « Les jeunes générations d’autrefois apprenaient les métiers d’ouvriers puisqu’elles étaient poussées par la nécessité or l’immense majorité des hommes préfèrent la réussite scolaire mais aujourd’hui, être ouvrier signifie chômeur donc être ouvrier c’est être aussi exclu de la société ».
5. La phrase soulignée dans le texte veut dire : il vaut mieux accepter d’être chômeur que
d’être dévalorisé par la société.
6. Cette phrase signifie que les jeunes n’acceptent pas le travail manuel.
7. « leurs » renvoie à « des chefs d’entreprises »
« elle » renvoie à « cette mauvaise image ».
8. Dans cette phrase les deux points introduisent une justification.
(la phrase après les deux points répond à la question →pourquoi la télévision est plus
ravageuse encore ?
9. Expression de la concession
Certes l’image des métiers ouvriers n’a jamais été bonne toutefois les jeunes
générations d’autrefois s’y engouffraient. (supprimer sans doute et tout de même qui
ont permis d’exprimer une concession).
10. Selon l’auteur, les chefs d’entreprises traitaient les cadres mieux que les ouvriers.
11. L’auteur a écrit ce texte pour expliquer pourquoi le travail manuel est dévalorisé par la
société. (l’auteur dans ce texte a répondu à la question posée dans le 2éme
paragraphe).
Sujet I : Compte rendu objectif/critique
Ce texte, sans titre, est écrit par M.C. Betbeder, dans le journal le monde du 08/12/1993. Il traite du travail manuel.
Ce journaliste affirme que les jeunes n’acceptent pas d’être ouvriers car cela les dévalorise Il explique que les chefs d’entreprise traitent différemment les ouvriers et les cadres. Sans oublier la télévision qui mystifie la réalité. Selon ce journaliste, ce sont les raisons principales qui poussent les jeunes à se désintéresser du métier d’ouvrier. De même qu’ils préfèrent être des chômeurs que d’être dévalorisés par la société.
C’est vrai, même de nos jours, rares sont les jeunes qui s’intéressent aux métiers d’ouvriers sans doute pour les mêmes raisons.
|
(Le 3eme paragraphe est la partie critique (l’appréciation et jugement personnel quant au contenu du texte et au thème traité). |
Sujet 2 : PROBLEMES DU CHOMAGE
L’Algérie comme la plupart des pays du monde, n’échappe pas au problème du chômage. Les plus concernés sont les jeunes diplômés. Les causes de cette crise sont multiples et lourdes de conséquences.
On a tendance à incriminer le progrès technique qui grâce à l’invention de machines de plus en plus perfectionnées, a engendré la suppression de nombreux emplois. Il est vrai que la technologie y est pour quelque chose mais on ne peut la considérer comme la cause principale du chômage. En effet, il y a d’abord les employeurs qui n’acceptent pas de recruter les nouveaux diplômés sans expérience. De plus, si le jeune est embauché, il est exploité et mal rémunéré. Autre raison, l’éloignement et le manque de transport. Enfin les jeunes veulent un travail stable c'est-à-dire avec un contrat indéterminé. Faute d’un travail stable et bien rémunéré, ils préfèrent le commerce informel qui leur permet de gagner vite de l’argent. Mais il y a plus grave encore. Les jeunes désœuvrés s’adonnent à la drogue, se comportent avec violence et s’impliquent dans toutes sortes de trafic. Parfois même il sont récupérés par des organisations mal intentionnées.
Donc, pour venir à bout de cette crise et sauver la jeunesse algérienne de la dérive, il convient que le gouvernement garantisse une croissance économique créatrice d’emplois et d’équité sociale.




